Témoignages

Le corps médical :

Le service de jour d’oncologie médicale reçoit en moyenne 50 patients par jour. Ce sont en majorité des femmes qui viennent de façon régulière recevoir des chimiothérapies. La présence d’une esthéticienne est devenue essentielle dans ce type de service. En effet, leurs soins, leurs conseils permettent aux patientes de mieux appréhender la maladie et de les accompagner dans leur parcours de soins. Il est important de leur redonner la confiance morale et physique mise à mal par ce type d’épreuve ainsi que de les aider en leur permettant d’anticiper les effets secondaires des traitements. Ces femmes retrouvent le droit à se faire plaisir, à être coquette dans le but de renvoyer une image positive tant pour elle mêmes que pour leur entourage.

Nous considérons au sein du service que nous sommes tous là pour aider le patient, et de ce fait nous nous efforçons de travailler ensemble.

M. DALAVAT, cadre soignant M. D.

Les donateurs

La médiatisation du malheur dans le monde est aujourd’hui notre quotidien, il nous côtoie, on ne peut l’ignorer,nous rassurant presque égoïstement d’un don annuel ¨pour soutenir les associations qui soulagent notre culpabilité.

Peut-être faut-il égoïstement passer par sa propre histoire pour comprendre que ça n’arrive pas qu’aux autres.

Pour moi, ce fut un terrible accident de moto en 1985, un peu trop jeune… J’ai ouvert les yeux après trois jours de coma, le corps brisé à 21 ans,  avec toutes mes interrogations et mon incompréhension. La morphine en perfusion essayait de calmer les douleurs qui ne le voulaient pas, bien au contraire, traçant sur mon visage les traces des nuits sans sommeil… le cœur plein de colère : accepter la mort de l’autre, accepter cet abandon, seule avec mes souffrances, ces silences, la compassion que l’on devine, l’épuisement…

Bientôt trois semaines que je m’étais appropriée ce box en soins intensifs, j’ai vu arriver trois infirmières qui m’ont dit : « on va s’occuper de toi ».  Alors elles ont usé de stratagème pour me laver les cheveux (le « retournement de matelas » pour ceux qui connaissent…!), puis elles m’ont coiffée et m’ont maquillée. Un peu plus tard dans l’après-midi, j’ai vu l’éclat de mon sourire dans les yeux de mes parents et des rares personnes autorisées à me rendre visite. J’ai alors compris que j’étais toujours là, moi, que j’existais… Les semaines qui suivirent, mes frères devinrent champions du monde du lavage de cheveux matelas tourné.  J’attendais ce RDV hebdomadaire avec impatience… Ils étaient mes rayons de soleil, certes, les gestes étaient malhabiles, mais nos éclats de rire étaient ma meilleure prescription.

Alors, il y a deux ans, le jour où Madame Vigneau m’a expliqué la vocation de son association « la vie entre les mains », je ne pouvais que remercier cette formidable initiative, avec une grande envie de la soutenir.

La maladie fait mal dans son corps et fait mal dans son coeur. On voit avec elle les regards vrais, mais aussi ceux qui fuient, et là, c’est terrible, car ils sont le miroir de ce que l’on ne voit pas.

Alors, je trouve vraiment génial et fondamental qu’enfin des personnes se préoccupent du bien-être et du paraître du patient, et en fassent leur priorité; que l’on prenne conscience que, d’un cœur apaisé nait la dignité, parce que des mains ont massé un corps meurtri, ont pris soin d’une peau aux couleurs de la douleur, ont maitrisé le cheveu récalcitrant.

Faire naître l’envie, parce que pendant une heure ou deux, la douceur a été une priorité, parce que les couleurs de la vie sont revenues, pour oublier son quotidien de douleurs et de nuits sans sommeil, pour oublier…

La vie entre les mains, c’est tellement vrai…

Colette DUPUY, Responsable Juridique ACTITUDES.

Les patients

Prise dans le «tourbillon», consultations et examens en tout genre, arrive ce jour où suite à l’intervention pratiquée sur notre corps, seule devant le miroir, la réalité apparaît sur cette transformation physique. Reconnaître, accepter cette épreuve, cela peu prendre un peu de temps…

L’association «La vie entre les mains» nous propose une aide pour rebondir.

Située au coeur de l’ICR, une équipe de bénévoles bienveillants nous accueille, nous informe, nous écoute.

Les traitements successifs transformant temporairement ce physique, des soins esthétiques gratuits, des conseils nous aident à passer ce cap.

Nous retrouver au plus près de soi devant le miroir, c’est ce que ces esthéticiennes nous aident à faire. Des ateliers maquillage sont proposés, elles nous apprennent différentes techniques pour pallier aux manques, couvrir les imperfections de notre peau, relever notre teint pour le rendre plus lumineux, dessiner des sourcils et des cils manquants…

Pour ma part, j’ai privilégié des soins du visage durant le passage de mon traitement, un moment de grande détente, de partage et d’échange.

Cet accompagnement nous aide à supporter des effets secondaires différents pour chacun de nous, et chaque individu aura des conseils personnalisés.

Je n’oublierai pas aussi l’importance de ces soins pour l’entourage qui, peiné par notre épreuve, nous incite et nous encourage à conserver cette image de soi qui est chère à leurs yeux.

Merci à toute cette équipe dynamique aidante et à tout le personnel médical associé à ce complément thérapeutique.

Un grand merci au Laboratoire Pierre Fabre pour sa participation.

Michèle LABORDE